0dayKostya Kortchinsky

Si on devait établir une échelle de valeur des outils liés à la sécurité des systèmes d'information, les exploits dits "0day" auraient sans nul doute une place de choix. Ce terme anglais (dont la traduction littérale est 0jour), désigne une catégorie particulière d'outils d'exploitation de vulnérabilités : ceux qui permettent de compromettre des systèmes à jour. Plusieurs raisons possibles à cela : l'éditeur est au courant de la faille mais n'a pas encore publié de correctif  : l'éditeur n'est pas au courant de la faille, cette dernière n'étant partagée que par un nombre restreint de personnes. Toujours est-il que dans une telle situation, les systèmes et réseaux comprenant le composant vulnérable sont exposés.

À cause de cela, les 0days sont très recherchés, aussi bien par les pirates que par les professionnels de la sécurité, qui y trouvent un moyen efficace de réaliser avec succès un test d'intrusion. Mais comment mettre la main sur ces exploits si particuliers ? C'est évidemment là que réside l'essence du problème. Certains envisagent les pots de miel comme une solution, en attendant de capturer les paquets d'un exploit pour une vulnérabilité non répertoriée ; mais le taux de réussite est relativement faible. D'autres tentent de les échanger, contre des ressources diverses, de l'argent (oui, ça s'appelle les payer), d'autres 0days (le serpent se mord la queue). De mon point de vue - qui rejoint je pense celui de bon nombre d'autres - la meilleure façon d'avoir un 0day reste encore de chercher des failles soi-même.

Au travers de 6 failles trouvées dans 3 services différents de systèmes d'exploitation Windows (non publiées à l'époque de l'écriture de ce document), je dresserai le tableau de la naissance d'exploits 0day, et de leur vie jusqu'à la publication des correctifs de sécurité, signifiant leur mort. Je m'attarderai sur les détails techniques de la découverte des failles, de l'implémentation des outils d'exploitation, tout en décrivant les procédures organisationnelles adoptées pour communiquer avec Microsoft et publier les avis de sécurité.